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Avant la Révolution

 

Avant la Révolution de 1789, les registres étaient tenus par le curé de la paroisse. La rédaction des actes était fort différente et la dimension religieuse toujours mentionnée.

 

Deux exemples :

 

Le 3 Juin 1742, Anne MAIGNAN, femme de Noël CABARET, cardeur de laine, morte d'hier, âgée de 40 ans, munie des sacrements de Pénitence, d'Eucharistie et d'Extrême-Onction a été inhumée dans le cimetière en présence de Denis LORIN, peigneur de laine, de Charles FETTU, cordonnier, et de Louis POPELIN, homme de peine.

Le 3 mars 1723,. a été inhumée au cimetière de céant, le corps de Jeanne BOUILLIE, femme de Pierre Julien FORGER, après avoir participé aux sacrements de l'église, âgée de 35 ans environ." (Madame Louise TAILLANDIER était née BOUILLIE).

 

A la naissance, l' accouchement était la phase la plus dangereuse de toutes les étapes de la vie. La mère, le bébé se trouvaient souvent en danger de mort.

Bien souvent, le curé arrivait trop tard. Le nouveau-né mourait quelques instants après l'accouchement. Les parents ne s'y trompaient pas: l'enfant-né, il fallait le baptiser sur l'heure.

 

Sages-femmes, voisines, "chirurgiens" aidaient la mère dans ses couches. Lorsque l'enfant était en péril de mort, ces personnes célébraient , toujours devant témoins, les cérémonies du baptème ,

 

Le 11 février 1723, a été inhumé au cimetière de céant, un fils du mariage légitime de Macé MESNAGER, manoeuvre, et de Françoise CONTABLE ses père et mère, né du jour précédent et ondoyé par Charlotte MARCHAND en présence dudit MESNAGER et de Françoise CHAUMESEAU, sage-femme, lesquels ont déclaré ne pas savoir signer.

 

 

l - VUE D'ENSEMBLE DES NAISSANCES-DECES

 

 

En 10 ans, à MONTLANDON, on compte 175 naissances, dont 27 en 1819 et 12 seulement en 1817 (une année bien peu prolifique).

 

Mais on compte aussi 156 morts. Et ce qui est le plus frappant, c'est la mortalité infantile. Regardez ce tableau. Il se passe de commentaires.

 

DECES De 0 à 10 ans 92 dont de 0 à 1 an 74

 

de 1 à 5 ans 15

 

de 5 à.1O ans: 3

 

"

 

de 11 à 20 ans 4

 

de 21 à 30 ans 7

 

de 31 à 40 ans 6

 

de 41 à 50 ans 9

 

de 51 à 60 ans 15

 

de 61 à 70 ans 10

 

de 71 à 80 ans 11

 

de 81 à·90 ans 2 (les doyens décédés à 84 ans)

 

 

Mortalité des femmes en couches

 

 

La reconstitution des familles, sur une période de 10 ans, permet de saisir avec suffisamment de précision la mortalité des femmes en couches.

 

Entre 1810 et 1820, 12 % des femmes mariées dont on connaît la date du décès, succombèrent à la suite d'un accouchement, le plus souvent le jour même des couches.

 

Le manque d'hygiène, les conditions de vie et d'habitat, les mauvais traitements des toucheux, des rebouteux ou sorciers, l'incompétence des sages-femmes et des voisines étaient bien souvent à l'origine de ces décès.

 

Et que dire de la mortalité infantile?

 

Sur 175 naissances enregistrées pendant cette décade, 74 d'entre eux sont décédés à la naissance ou au cours de leur première année d'existence. 

 

 

II - UNE POPULATION ANALPHABETE

 

 

 

Cette population, à très large part de souche paysanne, renfermait un taux d'analphabêtisme très élevé, même à l'époque de NAPOLEON qui avait pourtant pris des mesures en faveur de l'instruction.
Il est vrai que la plupart des parents étaient nés avant la Révolution.

 

Le fait est confirmé par le faible nombre de pères qui signèrent l'acte de naissance de leurs enfants.

 

A MONTLANDON, de 1810 à 1820, et sur 175 naissances, 14 seulement des déclarants apposèrent leur signature à côté de celle du maire. Les autres (161) déclarèrent ne pas savoir signer.

 

Les maires: PINCELOUP De BRETOUVILLE de 1810 à 1815

 

LEMARIE Etienne en 1816

 

DELlLE Matthieu de 1817 à 1820

 

A Montlandon il n'est pas encore question de "Maistre d'école".

 

 

 

111 - LES ENFANTS DE PARIS

 

 

Sous prétexte d'envoyer l'enfant à la campagne, ou de s'en débarrasser (cas des filles mères), les parents confiaient sans scrupule et sans enquête préalable, leurs bébés à des "meneurs" chargés d'acheminer le fardeau vers les demandeurs.

 

Et les demandes devaient être nombreuses car à MONTLANDON, il y avait, à cette époque, quelques 20 à 30 "pères de nourrice" comme on les appelait.

 

Et particulièrement dans les Usages.

 

Les nourrices appelées "gardeuses" acceptaient de prendre ces enfants à la maison uniquement pour monnayer leur lait auprès des bourgeois qui ne voulaient pas s'encombrer d'une trop nombreuse progéniture.

 

Il y avait, entre autres: les femmes BOUILLIE, HAYE, ROUSSEAU, MORIN, CHARON, ROUGEAULT, BESSIRARD, RIVET, LEJEUNE, ROCQUIN, MARTIN, toutes aux Usages, BAILLEAU aux Maisons Rouges, FEUGEREUX, au bourg.

 

Dans les masures .des Usages, 4 ou 5 enfants "adoptés", des nourrissons le plus souvent, passaient la majeure partie de leur temps posés dans des berceaux de fortune, ou allongés sur l'unique lit de la maison à attendre que l'on s'occupe d'eux. Les femmes partaient toute la journée aux champs pour biner les pommes de terre ou ramasser la paille et ne revenaient que le soir pour s'occuper de leurs nourrissons.

 

Livrés à eux-mêmes, les enfants étaient malmenés par les animaux de la ferme qui les renversaient, les piétinaient ou les étouffaient comme les chats ou les chiens qui se couchaient sur les nourrissons endormis.

 

Et je ne vous parle pas de l'insalubrité de l'intérieur de la masure, des portes mal jointes et des toiles d'araignées.

 

Sans compter les maladies infantiles : diphtérie, croup, varicelle, rougeole, tuberculose qui causaient des ravages à cette époque.

 

La mortalité de ces enfants en bas âge était très élevée. 7 sur 10 de ces enfants mouraient chez ces nourrices qui ne semblaient pas avoir un soupçon d'intérêt pour les bébés qu'on leur confiait.

 

J'ai relevé pendant cette décade la mort de 27 enfants de PARIS, tous décédés au cours du 1er mois après la naissance Il

 

- entre 1 et 3 mois : 7

 

entre 3 et 6 mois : 5

 

- entre 6 mois et 1 an 4

 

Encore une remarque: c'est pendant l'été que l'enfant était le plus menacé. Les travaux des champs, la chaleur altéraient· le lait de la nourrice.

 

1

 

L'horaire des tétées n'était pas respecté, et la nourrice n'allaitait le nourrisson que rarement dans la journée et le gavait le soir.

 

C'est en 1816 qu'on constate le plus grand nombre de :décès : 7
Chez Auguste BOUILLIE, aux Usages, il est mort 3 enfants de Paris au cours la seule année 1816.

 

Chez les LEJEUNE , aux Usages, 6 nourrissons de Paris sont décédés entre 1812 et 1816.

 

Et pourtant, à la lecture des actes de décès, les parents de Paris de ces bébés n'étaient pas tous des"bourgeois'! La profession du père, quelquefois omise, est citée dans l'acte de décès.

 

En voici l'énumération:

 

Loueur de cabriolet, jardinier, scieur de long, employé d'hôpital, pensionné de l'Etat, tonnelier, tourneur, pêcheur (2) , cordonnier (2) instituteur, coutelier, tisserand (2), marchand de vin (2) cuisinier, limonadier, marchand fruitier, bou1anger(2) ••••• 

 

 

IV - LES JUMEAUX

 

 

Les enfants jumeaux connaissaient une mortalité extrêmement forte. J'ai enregistré pendant ces 10 ans, 4 cas de jumeaux.

 

Aucun d'eux n'a survécu.

 

Le plus étrange, c'est que ces jumeaux mourraient pratiquement le même jour.

 

HAYE Jean-Baptiste né le 5 février 1815 décédé le 7 février 1815

 

HAYE Marie le 5 février 1815 "

 

THIBAULT Marie née le 23 Juillet 15 décédée le 24 Août 1815
THIBAULT Anne décédée le 24 Août 1815

 

PAPIN Pierre né le 14 Avril 1816 décédé le 18 Avril 1816
PAPIN Nicolas le 14 Avril 1816

 

OZANNE Victor né le 25 Novembre 1812 décédé le 27 Novembre 1812
OZANNE Jean décédé le 27 Novembre 1812

 

 

V - LES ENFANTS NATURELS

 

 

La proportion d'enfants naturels est relativement faible.

 

Une douzaine en tout.

 

C'était très mal vu à l'époque, et le oontexte social était sévère pour ces femmes non mariées. Ces filles étaient fréquemment domestiques et bien souvent conduites à céder au Maître ou à l'un des charretiers avec promesse de mariage.

 

On conna1t encore aujourd'hui la chanson et il n'y a rien de nouveau sous le soleil.

 

Je vous livre le résultat de mes recherches:

 

1811 Louis BAZIN enfant naturel de Marie BAZIN, aux Usages.
1812 Marie GERMOND, de Marie GERMQND, domestique non mariée, au bourg.
1813 François BUGUE de Marie BUGUE, majeure non-mariée, aux Usages
1813 Jean MANGUIN de Rose MANGUIN, majeure non mariée, aux Usages.
1815 Jacques BAZIN - de MARie BAZIN, journalière aux Usages.
1816 Michel CABARET de Marie CABARET, fileuse d'étaim au bourg
1817 Jean HOULLE de Marie HOULLE, fileuse, au bourg
1818 Pierre BAZIN de Marie BAZIN, domestique aux Usages.
1818 Pierre COUDRAY de Marie COUDRAY, fileuse aux Usages.
1820 Louis HOULLE.f de Marie HOULLE, fileuse au bourg
1820 Victoire BUGUE de Marie BUGUE, mère célibataire, aux Usages.

 

Il,y avait des habituées, Marie BAZIN, domestique, (3 enfants) Marie BUGUE (2) ou Marie HOULLE (2) dont le père était aubergiste au bourg.

 

Lorsqu'une servante ou la fille de l'aubergiste n'était point de vilaine tournure, le patron ou le client se faisait fort de la tripoter un brin et de lui apprendre la vie.

 

Les jeunettes n'osaient pas toujours repousser leur maître et plus d'une se retrouva culbutée à l'ombre d'un pailler en l'absence de la patronne.

 

De toutes façons, les médisances s'attachaient toujours sur la fille, jamais sur le patron.

 

Et, combien de "fil1es-mères" n'ont eu que leurs yeux pour pleurer et leurs bras pour gagner la pitance du marmot.

 

Mais, d'aucunes qui n'avaient pas froid aux yeux, n'hésitaient pas à se retourner contre le Maître et à dénoncer, à tous vents, l'auteur de la faute.

 

C'est ce qui est arrivé à ce François BESSIHARD, des Usages, qui dut reconnaître par acte d ' Etat-Civil qu' il était bien l'auteur de cet enfant (né avant 1810) avec Marie PICHET, sa domestique. 

 

Mais soyons justes : les fermiers et les bordagers n'étaient pas les seuls à se "frotailler" aux cotillons des petites bonnes.

 

Les amourettes avec les servantes émoustillaient tout autant les charretiers qui, pas plus que les patrons, n'étaient disposés à réparer la faute.

 

 

Texte de P. TOUFFET 

 

 

 

 

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